Marie-Torne est une jeune femme de son époque, libre et fière. Elle mène sa vie tambour battant, donne beaucoup et demande peu. Un peu comme une sainte en moins fasciste parce que fasciste, c’est mal, c’est bon pour les internats de garçons – ces sots.

Le plus important dans la vie, juste après être le centre du monde, c’est de se marier et de se marier bien. Marie-Torne a jeté son dévolu et le reste sur Armoiry, dont le pedigree laisse entendre que la semence est de qualité depuis des générations.

Et en effet, Marie-Torne et Armoiry ont trois beaux enfants, aussi prodigieusement éveillés qu’insupportables: Marie-Bambelle , Bain-Marie et Etorki. On n’est plus au temps des portées interminables que seules les soeurs d’Armoiry ont encore le courage d’élever – ces sottes.

En ces temps troublés, Marie-Torne joue au loto parce qu’avec des sous, la vie serait plus belle et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui. Et quelqu’un d’autre serait chargé de ramasser les feuilles mortes à la pelle.

Armoiry n’est pas incapable de nourrir sa famille, mais il a le défaut de travailler pour la gloire, ce qui ne permet pas d’amasser grand-chose – ce sot.

Malheureusement, ce sont toujours les saintes femmes se cachant dans l’ombre des grands hommes qui font tout le boulot. Le loto, quoi. L’abolition des privilèges à la Révolution n’est pas seulement une catastrophe!

Ce qui est formidable avec le loto, c’est la fantasmagorie associée. On a beau vivre confortablement, on serait sans doute plus heureux si on possédait plus! Que feriez-vous de cette manne inattendue mais si attendue? Marie-Torne ferait des tas de dons extrêmement valorisants pour son ego de sainte pas fasciste à tous ces pauvres si nécessiteux.

Ou alors non, elle garderait tout et continuerait de vivre comme avant mais placerait habilement ses billes.

On apprend à survivre dans une famille nombreuse, hé hé! Et elle enverrait ses enfants en vacances chez des amis ignorant tout de la situation ou chez sa mère pour que ça ne lui coûte bézef.

On ne devient pas riche – navrée, mais il faut bien appeler un chat un chat, quand bien même c’est grossier – en jetant son argent – idem – par les fenêtres!

Voilà le plus grand problème de Marie-Torne dans la vie: il est compliqué d’être en décalage perpétuel avec le reste du monde quand on est aussi incroyablement plus intelligent.

Mais ceci est le sujet d’un prochain exposé.

 
Super Hello Kitty
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