Par cette belle journée de janvier, je surfais avec la nonchalance qui sied (toi aussi, revois tes verbes défectifs – seoir – et cultive-toi en t’amusant) à mon rang sur le web.

Soudain, je fus interrompue par le téléphone, ce qui m’obligea à négliger un instant la passionnante discussion en cours.

Je décrochai, d’une amabilité très relative – autant faire savoir au pauvre qui me dérange qu’il me dérange.

Afficher son mérpis mais rester polie.

 » – Bonjour! Ludivine?

  – Heu, non, non, Chère! C’est plutôt Marie-Torne, mon prénom – je sais, c’est follement distingué et original… Mais je veux bien me renseigner pour vous, si ça peut vous être agréable. « 

C’était une pauvre, mère de camarade de classe de Marie-Bambelle, qui avait confusionné mon prénom!

Ludivine! Quand même…

Ludivine, Ludivine, est-ce que j’ai une binette de Ludivine???

Elle est née, Ludivine Enfant? C’est trop tard, ça!

Fête le 14 avril. Mince, ça ne colle plus, là.

Germanique : de lind, doux (chocolat doux?) et win, ami; mais le prénom flamand est traduit aussi par « longue patience ».

Longue patience… Ca me laisse songeuse… Comment a-t-elle fait pour me cerner si bien?

Personnellement, je trouve que ça fait prénom de blonde, mais je suis sidérée par ses talents de medium. Je la soupçonne d’être voyeuse voyante!

Née à Schiedam, Hollande, en 1380, Lidwine est victime d’un banal accident de patinage sur glace dans sa quinzième année.

Ca se confirme. Devait être blonde. Blond clair, même.

La prochaine fois que vous me poussez à la schizophrénie, soyez gentils de me choisir un prénom capillairement acceptable. Ou offrez-moi une séance gratuite de spiritisme que mes chakras soient disposés à encaisser la violence des révélations.

Je vous remercie de votre attention bienveillante et vous assure de mon extrême bonté.

Bien vôtre, Marie-Torne.

 
Ludivine
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