Top Chèfe #1 mercredi, Fév 26 2014 

Il y a un domaine dans lequel Mamiflette excelle : la cuisine. Elle est une amie proche de Joël Robuchon, le ré-inventeur de la purée. Voici comment la fin du monde a failli avoir lieu…
Un jour de mai, Joël débarqua chez Mamiflette et Papillon, mes parents. Il avait dans sa besace de la viande et prétendait apprendre à la fringante grand-mère à la préparer.
Pour cette recette, il vous faut:

  • de la viande (peu importe laquelle)
  • un peu d’huile
  • 2 oignons
  • 1 bouillon Kub
  • colombo, sel, poivre et du piment si vous aimez ça

Faites dorer la viande détaillée en morceaux dans l’huile, ajouter les oignons et faites légèrement roussir.
Huuuuummmmmmm, ça sent bon, Joël!
Ajouter le bouillon et les épices.
Couvrez d’eau et laissez mijoter.
En attendant que ça cuise, passons au salon, Chers!

Joël venait d’ouvrir un restaurant et était à la recherche de plats nouveaux et exotiques. Il assura que la viande au colombo qu’il venait de préparer allait surprendre Mamiflette. La gourmande en avait déjà le ventre qui gargouillait.
Enfin, ce fut prêt et ils se mirent à table. La viande était tendre et fondante. Elle était servie avec du riz, des bananes en rondelles, de la poudre de noix de coco, des dés de tomate crue, de concombre… Bref, c’était un plat subtil et raffiné.

Mais Joël, quelle est cette viande étrange venue d’ailleurs?
 » Et bien les amis, c’est du chaton! J’ai eu cette idée lumineuse en parcourant des forums féminins et les espaces persos de mes contacts sur les réseaux sociaux. Le chaton attire la femme, ça semble quasi génétique!
Les idées sont toujours juste là, sous nos yeux… « 

A cet instant précis, Mamiflette devint toute verte. De la bave se mit à couler de sa bouche, ses crocs se mirent à pousser et elle se recouvrit de poils. Elle se saisit de son bâton-loa, entra en transe et invoqua Baron Samedi, génie de la mort et des cimetières.

Baron Samedi s’empare du corps de ses fidèles qui sont pris de frénésie. De leurs bouches sortent alors des chants obscènes et ils gesticulent tout en dansant de façon lascive (tout à fait Maman, ça!), le tout accompagné de violents déhanchements.

Joël ne pouvait pas savoir qu’elle était prêtresse vaudou…

Elle lui laissa la vie sauve en échange de son âme et aussi de la garantie qu’il se dévouerait aux chatons jusqu’à la fin de sa vie…
Joël changea de sexe et se fit appeler Jennifer.

Faut pas plaisanter avec les chatons…

 
Chatons hamburger
Source image: http://teemix.aufeminin.com/blog/see_284958_1/3-MoN-pTiT-mOnDe-3

Last night I had a dream lundi, Fév 24 2014 

Très étonnant, ce rêve: j’étais en train de me tortiller, torturée par les douleurs de l’enfantement, non pas dans une salle de naissance en attendant une péridurale, non pas dans une baignoire en train d’attendre que les mains d’Armoiry soient propres, non pas entre le bœuf et l’âne gris, non pas… Hum, bref. Non pas.

Vous ne pourrez jamais deviner où, alors je vous le donne en mille: sur le plancher d’un hélicoptère.
Ne faites pas les malins en me demandant de quel appareil il s’agissait exactement, vous ne feriez qu’étaler une désagréable et nauséabonde supériorité que Nadine de Rothschild ♥ blâmerait à coup sûr.

Globalement, vous feriez mieux de prêter un peu plus attention aux autres et de leur signifier à quel point ils sont importants et brillants. Oui, je vous trouve un peu mous du commentaire, Chers. Je vous inhibe? Vous savez, je conçois que mes talents écritoires et la vivacité de mes raisonnements vous paralysent un peu, mais que diââble! Je ne vais pas vous manger. Et je laisse venir à moi les pauvres et les simples d’esprit, vous savez… Je suis bonne. Ayez confiance!

Pour en revenir à mon rêve, j’imagine que mon utérus a pris un cours de samba la nuit dernière et que ça lui a rappelé de mauvais moments. Ça a eu une conséquence inattendue sur Armoiry qui, rongé par le stress, s’est mis à ronfler et très probablement – la supputation est de rigueur, après tout j’étais dans un état proche de l’Ohio – s’est mis à faire l’hélicoptère, animé par un fort somnambulisme décomplexé.

Moralité: ce n’est pas parce qu’on dort qu’on doit être conventionnel. Oui. Car oui!

 
coupe-cheveux-helicoptere
Source image: http://www.gentside.com/insolite/les-pires-coupes-de-cheveux-une-coupe-en-forme-d-helicoptere-dr_pic108739.html

Armoiry n’est qu’amour et joie de vivre samedi, Fév 22 2014 

Vous connaissez mal Armoiry.

Mes pauvres! Comment faites-vous pour vivre sans ce délicieux petit rayon de soleil?
La vie est-elle seulement possible sans ce petit sucre qui donne un goût différent aux choses?
Comment envisager de voir passer le temps sans le miel de l’existence?
Pourquoi rester en vie si on n’a pas cette raison pour s’y accrocher? (Là, c’est triste, faut que je redresse la barre)
Peut-on croquer les aventures qui s’offrent à nous si le poulet n’est pas rôti? (Je m’égare routière)
A mon avis non. Mais ce n’est que mon avis. Parce qu’en plus, Armoiry est drôle. Il fait des farces à tous ceux qui l’aiment et à tout ceux qu’il aime.

Par exemple, aujourd’hui, il a tenu à faire savoir à la femme de sa vie – moi, en l’occurrence – que c’était quelqu’un qui comptait beaucoup pour lui.

Alors il a pris son téléphone, celui qui a un forfait SMS illimités. Le compagnon de ses longues soirées solitaires – oui, bon, Armoiry pense que c’est à Paris que ça se passe, mais HORS DE QUESTION que je quitte ma cour sans raison valable. Nous sommes donc célibataires géographiques.
Il a effleuré, avec légèreté en dépit de ses gros doigts gourds et maladroits, le clavier pétillant de technologie fragile de son portable blanc – et par voie de conséquence symbolique directe, pur.
Il a composé un message d’une grande simplicité, clair et concis, avec une tendresse et une délicatesse révélant toute la profondeur de l’amour éperdu qu’il voue à la créature – toujours moi. Il y a mis les mots les plus simples et les plus beaux, ceux dont on ne se lasse jamais, ceux qui ne sont que trois et qui contiennent tout:
 » La guerre fait rage, je t’aime. « 

 

Il a envoyé son message à son banquier.
Armoiry est un chevalier des temps modernes.

 
guerre-etoiles

Du comportement qu’il convient d’avoir au supermarché #2 mardi, Fév 18 2014 

Ce matin, je suis retournée au supermarché. Vous imaginez bien qu’avec ma descendance, il ne suffit pas que j’aille au ravitaillement une fois par mois…

Comme je n’aime pas la routine, j’ai décidé d’y aller avec les Héritiers, histoire de pimenter leur quotidien. Je suis pour la mise en contact avec les pauvres dès le plus jeune âge. Ça renforce le système immunitaire.

J’étais au rayon boulangerie lorsque le Malin s’empara d’Etorki, fourbement et plein de traitrise. Je l’avais priée de ne pas écraser les courses se trouvant à côté d’elle dans le caddy et j’ai vu cette créature du démon sauter dessus à pieds joints, me regardant avec défi droit dans les yeux.
J’ai gardé mon sang- (bleu) froid et ai changé de rayon. Garder la tête haute. Toujours.

Fruits et légumes. Chapitre 2 de l’horreur. Etorki me réclama une étiquette de pamplemousse – elle pense que c’est ce qui fait avoir des seins comme des pomelos, c’est chou, non?
Je la lui donnai immédiatement, soulagée d’entrevoir une amélioration à son état qui devenait inquiétant. Elle l’a avalée d’un air gourmand, juste avant d’enduire la barre permettant de pousser l’attelage d’une bave que je soupçonne être radioactive.
Arrêt à la case carotte. Qui fait face à la case courgette. Etorki a grignoté deux courgettes, chapardées au passage. J’ai acheté deux courgettes.
Je me mis à fuir, poussant devant moi la petite personne par qui le Mal arrivait.
Hop, deux sachets de salade dans mon caddy!
Ha non, un seul. Etorki a sauté sur l’un d’entre eux, l’ouvrant avec un bruit de détonation qui, je pense a décimé la clientèle plutôt âgée de ce matin.
Le journal parle d’une épidémie d’infarctus, du jamais vu dans le pays. Comme quoi: on peut être pauvre et vieux sans être un zombie! L’aventure du jour aura eu un aspect positif…

Au moment de peser mes emplettes, je me suis vue ensevelie sous les denrées, Etorki ayant décidé de m’apporter son aide la plus diligente. Elle a vidé mon chariot à la vitesse de l’éclair, sous l’œil agacé des zombies survivants qui attendaient leur tour.

Chapitre 3: Vite, la caisse! Gageons que nous ne tomberons pas sur la caissière ramollie du cerveau.
Ouf! Non, c’en est une autre. Pauvre aussi, mais aimable.

Etorki, donne-lui les chewing-gums. Non! Pas ceux enduits de bave! Merci, ma chérie…

 

Adieu.

 
supermarche
Source image: http://www.stupiditiz.com/insolite/promenons-mamie-dans-le-caddie/

Le pétong dimanche, Fév 16 2014 

Bain-Marie a un camarade d’étude d’origine chinoise.
Il s’appelle Benjamin – pronounce Benzi, pliz, just like in America. On notera que c’est le prénom du fils de Nadine de Rothschild ♥, le hasard n’existe pas!
Comme, dans leur classe, ils sont 8 garçons pour faire face à 16 filles, les liens sont étroits et solides.
Benzi et Bain-Marie sont amis.
Ils se fréquentent en dehors de l’école et durant les vacances, au cours de rallies ou au cours de poésie transcendantale rythmique percutatoire. Ils s’invitent et se reçoivent. Ils se postent des énigmes mathématiques car sont supérieurement intelligents.
Des enfants délicieusement mondains et frais, en somme.
Lorsqu’ils se visitent, chacun en profite pour explorer les différences de l’autre – c’est biow, je suis émue aux larmes par tant de perfection filiale!
Benzi veut voir les sœurs de Bain-Marie intégralement nues dans leur bain. Ce petit a déjà des fantasmes de grande blonde sous la douche…
Les bimbos ont de beaux jours devant elles.
Bain-Marie découvre avec joie les jeux électroniques non massacrés dans les 5 minutes suivant le déballage. Joie!
Benzi aime les barquettes à la framboise. Allégresse!
Bain-Marie goûte façon chinoise. Impression mitigée mais esprit aventureux. Gloria!
Benzi essaie de voir les sœurs de Bain-Marie intégralement nues dans leur bain. Chaleur!
Bain-Marie joue au pétong.
 » Explique moi comment on joue au pétong, mon chéri, s’il-te-plait. « 
Je me méfie tout de même du péril jaune, insidieux car fourbe par nature. On peut combattre une armée, pas des idées.
 » Ben alors il y a une petite boule, que l’on lance, et puis de plus grosses boules, avec des rayures dessus.
On doit lancer les grosses boules pour se rapprocher le plus possible de la petite que l’on appelle le cochonnet. « 

Ha.
Mon fils apprend à jouer à la pétanque avec l’accent chinois. Il playz ze pétong.
Je suis vieille.

 
Pétanque

La saint Valentin (√=$£@ù!§&) vendredi, Fév 14 2014 

C’est un lieu commun, j’en conviens volontiers.
Mais c’est vrai: il est pénible de vieillir. Et pas qu’un peu!
Déjà, conduire Bain-Marie à l’école le jour de sa rentrée au CP m’avait tordu les tripes mais, grâce à Nadine de Rothschild ♥, je n’avais pas fait caca partout.

Deuxième couche: la saint Valentin.
Toujours à cause de Bain-Marie. Il est revenu de sa journée de classe fier comme un bar-tabac, brandissant une lettre contenant le message suivant:
 » Bain-Marie, je t’aime.
Tu es fort.
Bisou à la piscine. « 

 

ARG.

 

Je savais bien que j’allais les détester, ces petites dindes voleuses d’Héritier!
Seulement, je pensais disposer d’encore un peu de temps et ça me faisait encore rire. Là, plus du tout. Je ris jaune – voire vert parce que j’ai une sinusite et que je n’aime pas les petits pois.
Elles attaquent jeunes et ont par conséquent l’avantage de la surprise.
Il faut que je me ressaisisse…

 » – Montre moi qui est la petite pouffiasse qui tente de te dérober à moi, mon Amour!
   – C’est la petite fille blonde qui a des couettes! « 

Des couettes? Déjà une allure douteuse à la limité de la pauvreté quoi…
La vulgarité mini-incarnée.

 » Mon chéri, tu as des goûts de chiotte! « 
Mais il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire. Jamais.
La Petite Traînée du Cœur de Bain-Marie (PTCBM) couvre le reste de la fratrie de cadeaux mirobolants comme, par exemple, des baguettes magiques – déjà fan de sex toys, on voit bien le genre.
Etorki n’y résiste pas et succombe au charme de la blondasse à couettes.
Heureusement, Marie-Bambelle se sent lésée et la hait d’emblée. Je l’aime! C’est fou ce qu’elle me ressemble, décidément…

Va falloir que je l’invite, PTCBM, histoire de jauger la bête en situation…
Vais d’abord terminer mon livre sur le Mossad, ça pourrait bien me servir, hin hin hin!

N’oublie pas, mon chéri: toutes des chiennes, sauf Maman!

 
cadeau-saint-valentin
Source image: http://www.jourdelasaintvalentin.com/actualites/origine-de-la-saint-valentin-01.html

Sotchi ailleurs que dans la colle jeudi, Fév 13 2014 

La pluie, le vent et la neige mêlés conduisent naturellement les familles de France devant la télévision.
C’est l’hiver avec son cortège de dépressions tropicales et autres giboulées.
Du coup, on a eu plein de grêle dans le Jura, des coups de vent en Bretagne et de l’eau à 17° à Marseille. On s’en fiche, on n’est pas en suc’!
Mais collés à la télévision, donc. Ou aux ordinateurs, car nous souhaitons vivre avec notre temps, si dépravé soit-il ainsi.

A l’heure de la sieste, Etorki se vautre sur le canapé, s’installe un nid douillet avec écharpe fétiche et couvrante rose.
Elle regarde la boîte à images avec concentration, l’œil fixe quoique vif, le poil brillant et la truffe humide. Ou pas. ça me dit quelque chose, mais suis pas certaine que ce soit bien dans le sujet…
Bref, elle semble inspirée que s’en est suspect. Je contourne donc la magic box – haaaa, la douceur de la vie en Amérique… – pour m’enquérir du passionnant objet captivant son attention.
Évidemment, c’est moi qui l’ai faite, donc elle est classique et surprenante: elle regarde les les jeux olympiques d’hiver à Sotchi – tout à fait à propos en cette saison gastro-épidémique.
Mais attention, Jean-Claude! Pas n’importe quoi! Etorki regarde le galbe parfait des petites fesses des skieurs russes. Cette petite a du goût.
Son frère arrive et fait des remarques techniques ou s’embarque dans des considérations matérielles de haut vol:
 » Whaaaaaaaa, le tremplin est gigantesque et regardez comme il saute loin! « 

Mon fils est un homme, un vrai. Hermétique à la poésie d’une paire de fesses pommelée.
Sale mec!

 
Sumo
Source image: http://www.humour.com/photos/un-sumo-qui-fait-du-saut-en-ski.htm

Etorki, princesse mardi, Fév 11 2014 

Haaaa, la blonde innocence de la tendre enfance…

Etorki est un modèle de délicatesse féminine. Elle est blonde et a deux grands yeux bleus malicieux.

Elle cultive la pink attitude et aime jouer à être la princesse qu’elle est effectivement.

Elle vit entourée de chevaliers prêts à bondir pour satisfaire le moindre de nos désirs. Son confort absolu est leur priorité, non moins absolue.

Du coup, quelle position sociale peut sembler plus séduisante que celle de Reine des Princesses?

Je ne vois pas, personnellement, et Etorki non plus. Ça doit être génétique…

Néanmoins, toute Reine des Princesses qu’elle soit, Etorki sort de temps en temps, ne serait-ce que pour shopper un peu.

On a un rang à tenir, Chers. Il faut un train de vie qui en jette un peu, c’est Nadine de Rothschild – ♥ – qui le dit.

Mais il faut aussi paraître tout à fait détachée des choses bassement matérielles de ce monde. Princess attitude!

Donc, lorsqu’on vous demande pour quelle raison vous avez pris la surprenante décision de quitter votre château, SURTOUT ne l’avouez en aucun cas. Etorki a répondu à un pauvre de nos voisins:

 » Parce qu’il n’y a pas de chauffage. « 

Ben oui, on est tout de même une princesse: on se doit de faire remarquer au peuple que la vie près de lui est d’un inconfort total et que c’est uniquement par grandeur d’âme qu’on reste dans les parages. Ou parce qu’on a encore quinze ans à tirer avant de passer son permis, au choix.

Il n’est cependant pas exclu de faire preuve d’une certaine franchise, ce que les gens blasés ou trop conformistes trouveront rafraîchissant.

 » Mais surtout, je suis sortie pour tuer un peu. « 

Ne laissez jamais oublier que les princesses sont les descendantes de féroces guerriers, ceux qui ont su conquérir leurs titres de noblesse par l’épée.

La noblesse de robe ne vaut pas tripette. Sauf pendant les soldes.

 
english bulldog wearing princess crown and silly expression..

Du comportement qu’il convient d’avoir au supermarché, perdue au milieu des pauvres #1 jeudi, Fév 6 2014 

Je fus  faire mes courses à Carrouf.

En soi, rien d’extraordinaire, c’est mon lot au moins deux fois par semaine. A Carrouf ou chez Mam’ Leclerc, je ne suis pas super-sectaire de la sur-consommation.

Ce matin, youpitude et guilleretteness, je gambade agilement derrière mon chariot de feu tunné à mort avec un back-boot spécial lait-qui-te-bouffe-toute-la-place-si-que-tu-le-mets-avec-le-reste-des-courses.

Un petit bijou de technologie ménagère qu’on en pleurerait plus souvent si qu’on y pensait une fois le temps. Tant d’émotion me ravage le rayon…

J’étais à la recherche d’un récipient genre panier susceptible d’accueillir les gants, écharpes et autres bonnets des Héritiers, aussi nombreux que désordonnés. Joie et Félicité Célestes: je trouve.

Quand je vous dis que Dieu m’habite!

Je pose le panier rectangulaire et plat – genre 20 cm de haut – dans le fond de ma merveille à roulettes et je termine mes courses d’un pas vif et d’un air dégagé, car l’heure tourne et je déteste être en retard quand je vais chercher les Héritiers en classe.

Je caisse. Bizarrement, 4564336 personnes dans chaque file, sauf là.

Je saute avec euphorie sur l’occasion si belle! Trop belle?

Je dépose le panier plein sur le tapis roulant, toujours emplie d’une allégresse peu courante en ces temps tourmentés par le credit-crunch.

La caissière, qui est debout – ce détail a une certaine importance, vous allez le constater – sur ses petites cuisses squelettiques de tricheuse frigide même pas barjot, la caissière, donc, me parle.

Car, oui, la caissière est un être humain, et oui encore, elle est dotée de la parole. Mais si, comme Rabelais, on suppose que le rire est le propre de l’Homme, on peut alors émettre des réserves.

 » Va falloir vider ça! « 

Je regarde derrière moi. Personne. C’est donc bien à moi qu’elle s’adresse.

L’impudente imprudente. Attendrissante pauvresse, je te présenterai Nadine de Rothschild ♥ si tu es sage.

 » – Ne serait-il pas possible que vous preniez les articles directement dans le panier (20 cm de haut, je le rappelle ici, ndla)?

  – Ha ben nan, quand même, hein… « 

Diantre.

Le beau cas.

Elle existe donc et je l’ai rencontrée: je pensais que la caissière débile était une sorte de légende urbaine, qu’elles pouvaient être bêtes ou méchantes, mais pas les deux en même temps… J’ai encore tant à apprendre de la Vie (vit, c’est pas la même chose)!

Elle m’indique la direction dans laquelle répandre mes achats. Je les mets de l’autre côté. Elle passe mes articles à toute blinde, je range mes sacs à deux à l’heure. Elle finit par me demander si je suis l’heureuse titulaire d’une carte du magasin.

 » Oui, mais je pensais qu’il était trop compliqué de la scanner! « 

dis-je en lui tendant la précieuse pièce de plastique, avant d’ajouter:

 » Attention, elle est lourde! « 

Elle me demande ensuite quel mode de paiement j’ai choisi. La carte bancaire.

 » Mais si ça ne pose pas de problème d’organisation, je ne voudrais pas vous embêter… « 

Elle me jette un regard noir et me tend mon ticket de caisse que je lui arrache des mains avant de tourner les talons dans une parfaite imitation de l’outrage ultime infligé à la pureté tuant le dragon. Ou de Nadine de Rothschild ♥  faisant demi-tour au bas des marches de Cannes pour montrer son indignation résultant de sa non participation au jury officiel.

 

Je me sens si seule, au milieu des pauvres…

 
 
Caddy

Les lunettes de Marie-Bambelle mardi, Fév 4 2014 

Marie-Bambelle, ma fille, ma bataille, ma circonvolution cérébrale adorée! Tu fais l’amère expérience de la dureté de la vie, ce qui ne peut que te rendre plus précieuse à mes yeux.

Oui, il s’agit bien d’une histoire d’yeux… Marie-Bambelle doit porter des lunettes. Drame de l’existence. Blessure profonde de l’ego. Apprentissage de l’imperfection de ma descendance. Cruallité, quoi.

Marie-Bambelle étant une jeune adolescente, il est clair non seulement que c’est flou, mais qu’en plus ce changement ne passera pas inaperçu. Comment changer du tout au tout sans se faire remarquer? C’est une question importante car ma fille ayant la capacité quasi magique de prendre ses camarades à rebrousse-poil, je refuse de lui donner une occasion supplémentaire de se faire harceler. Première en tout, même en emmerdes! (pardon Nadine ♥)

Point positif: il est probable qu’on lui demande de quel défaut (n’importe quoi!) sont atteints ses yeux. Déjà, elle n’est pas presbyte, elle échappe au pire. En plus du nom ridicule de cette affection ophtalmologique, elle se serait tapé des lunettes grossissantes qui ne donnent, en général, pas le doux regard mystérieux des myopes…

Plus une tronche de psychopathe sur le point d’exploser. Je ne la voyais pas demander à ses petits camarades:

« Est-ce que tu baises? » (pardon Nadine ♥)

Eux, oui, sans doute! Marie-Bambelle, non.

Finalement, les lunettes, il suffit de les rayer un peu, c’est tout de suite vintage. Et puis, lorsque l’on grandit, tout le monde se fiche que vous portiez ou non des lunettes. Le seul moyen de les mettre en avant est de continuer à les choisir rouges, assortie à la couleur des yeux de Marie-Bambelle.

 
PUBLISHED by catsmob.com

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