Ce matin, je suis retournée au supermarché. Vous imaginez bien qu’avec ma descendance, il ne suffit pas que j’aille au ravitaillement une fois par mois…

Comme je n’aime pas la routine, j’ai décidé d’y aller avec les Héritiers, histoire de pimenter leur quotidien. Je suis pour la mise en contact avec les pauvres dès le plus jeune âge. Ça renforce le système immunitaire.

J’étais au rayon boulangerie lorsque le Malin s’empara d’Etorki, fourbement et plein de traitrise. Je l’avais priée de ne pas écraser les courses se trouvant à côté d’elle dans le caddy et j’ai vu cette créature du démon sauter dessus à pieds joints, me regardant avec défi droit dans les yeux.
J’ai gardé mon sang- (bleu) froid et ai changé de rayon. Garder la tête haute. Toujours.

Fruits et légumes. Chapitre 2 de l’horreur. Etorki me réclama une étiquette de pamplemousse – elle pense que c’est ce qui fait avoir des seins comme des pomelos, c’est chou, non?
Je la lui donnai immédiatement, soulagée d’entrevoir une amélioration à son état qui devenait inquiétant. Elle l’a avalée d’un air gourmand, juste avant d’enduire la barre permettant de pousser l’attelage d’une bave que je soupçonne être radioactive.
Arrêt à la case carotte. Qui fait face à la case courgette. Etorki a grignoté deux courgettes, chapardées au passage. J’ai acheté deux courgettes.
Je me mis à fuir, poussant devant moi la petite personne par qui le Mal arrivait.
Hop, deux sachets de salade dans mon caddy!
Ha non, un seul. Etorki a sauté sur l’un d’entre eux, l’ouvrant avec un bruit de détonation qui, je pense a décimé la clientèle plutôt âgée de ce matin.
Le journal parle d’une épidémie d’infarctus, du jamais vu dans le pays. Comme quoi: on peut être pauvre et vieux sans être un zombie! L’aventure du jour aura eu un aspect positif…

Au moment de peser mes emplettes, je me suis vue ensevelie sous les denrées, Etorki ayant décidé de m’apporter son aide la plus diligente. Elle a vidé mon chariot à la vitesse de l’éclair, sous l’œil agacé des zombies survivants qui attendaient leur tour.

Chapitre 3: Vite, la caisse! Gageons que nous ne tomberons pas sur la caissière ramollie du cerveau.
Ouf! Non, c’en est une autre. Pauvre aussi, mais aimable.

Etorki, donne-lui les chewing-gums. Non! Pas ceux enduits de bave! Merci, ma chérie…

 

Adieu.

 
supermarche
Source image: http://www.stupiditiz.com/insolite/promenons-mamie-dans-le-caddie/
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