Hop, hop, hop, petites foulées!
On souffle bien.
Si tu bondis et que tu fais le grand écart, tu ne tiendras pas longtemps. Le marathonien a la foulée courte et rasante.
Dans l’Évangile selon Sainte Nadine ♥, il est recommandé de garder un corps de rêve même après six enfants afin de garder son mari pour toute la vit toute la bite l’attention de son mari.
Je vais donc suer à travers bois. Je m’échauffe tranquillement en marchant d’un pas vif, allègre, léger et néanmoins décidé le long des allées cavalières.

Ensuite, je cours. En même temps, absolument toute seule dans les bois avec les chasseurs de champignons, on est plutôt tentée de ne pas faire de vieux os dans le secteur. Toute motivation est bonne à prendre pour devenir rouge, dégoulinante avec les cheveux gras et plaqués sur le crâne. Dans une tenue ridicule, de surcroit.
Tous ceux qui ne chassent pas les champignons sont militaires, autant dire que je mets le turbo et termine ma boucle en vingt minutes.
Obligée de faire plusieurs tours. Re toute seule. Re peur. Re turbo. Rebelote…

Je transpire un peu, souffle pas mal et suis très rouge. Je me coupe les pattes le long d’une côte qui me fait jurer la bave aux lèvres que, non, jamais, je ne m’arrêterai pas de courir, plutôt crever!
C’est en arrivant à son sommet que je livre pleinement la fabuleuse palette chromatique dont disposent mes joues et mon visage en général.
M’en fiche, je m’accroche et je continue, à la limite physique de la reptation. Mais m’auront pas, tous les Viets planqués dans les fougères n’attendent que ça pour me sauter sur le paletot. HAHAHAHAHAHA! Savent pas qui je suis!

Tiens, je suis suivie… Gardons la foulée décontractée, l’air dégagé et du souffle… Ha, trop tard, il est déjà passé.
Ouch. C’est un vioque, sans doute pauvre par dessus le marché! Doit bien avoir au moins… Oui. Au moins.
 » Alors, prête pour la course des Écluses? « 
Ymmpaaaaaaaaaaaarle! Le salopard (je suis poissarde quand je souffre et je souffre quand je cours).
Je me retourne, mais il n’y a personne d’autre que moi. Ymmparle!
 » – Heu… Nan!
   – Il faut venir, il y en a plein qui ne vont pas vite! « 
Je l’abhorre.
Je n’aime pas les vieux.
Je n’aime pas les sportifs.
Je hais les vieux sportifs, en toute logique.

Il repart sur le mode comète mais rencontre un pauvre, vieux comme lui. Ils s’arrêtent pour papoter, en plein milieu de l’allée, comme s’ils étaient au supermarché à onze heures et demie un mercredi matin.
Le vieux est routinier et a des habitudes chevillées au corps. Je les ai laissés sur place et ils n’ont pas pu me rattraper.

La prochaine fois, j’écrase de ma supériorité les mycophages. Je refuse de les laisser bouloter mes cèpes pendant que je m’adonne à l’exercice physique, enivrante gymnastique (et tac).

 
footing
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