» Il y a encore quelques dizaines d’années, la France était présentée dans le monde entier comme un parangon de grande élégance et de savoir-vivre. J’ai le regret de constater que nous ne pouvons plus nous prévaloir de ce titre aujourd’hui.

Le délitement de la famille, la perte des codes de bonne conduite en société, un certain laisser-aller vestimentaire et langagier chez les personnalités qui devraient pourtant nous servir d’exemple – hélas manifeste du côté des présentateurs de télévision comme des vedettes de l’écran et des hommes politiques – nous privent de ces valeurs qui nous ont pourtant valu tant de succès et ont forgé notre réputation. Le débraillé est désormais à la mode, on tourne volontiers les bonnes manières en ridicule.

Combien de jeunes gens et de jeunes filles issus des meilleures familles ne prennent plus la peine de se bien conduire par crainte de la dérision ? Quel dommage !

Savent-ils seulement ce dont ils se privent ? Le sens de la repartie joint à l’élégance de la parole l’emportera toujours sur un portefeuille bien garni quand il est détenu par des personnes dépourvues de savoir-vivre. Il ouvre les portes de la société, facilite les succès professionnels, embellit la vie familiale et nourrit la vie amoureuse.

C’est avant tout aux femmes qu’il incombe de transmettre ce merveilleux sésame.

Mais notre époque est sans pitié pour elles. Sommées de courir du bureau au berceau, de jongler entre la cuisine et les devoirs du soir, d’exceller aux réunions et de contribuer aux gains du ménage, on leur demande de tout assumer.

Il me semble que l’effrayante augmentation des divorces est aussi due à la déstructuration d’une société qui soumet les femmes à d’impossibles exigences. Épuisées par les transports, exténuées par le travail, les femmes n’ont guère le temps et l’énergie de se consacrer à la tenue du ménage et à l’éducation des enfants, qui pourtant sera précieuse plus tard à ceux-ci.

Après tout, le « test » pour me faire accepter auprès de ma belle-mère avait été un déjeuner ! Si je n’avais su montrer de belles manières de table, jamais elle n’aurait permis à son fils de m’introduire dans la famille. Je venais d’une famille extrêmement modeste, mais ma mère avait déployé des trésors de patience et d’énergie pour m’inculquer les bases de la bonne conduite en société.

En acceptant de tout assumer, la femme moderne est devenue son propre bourreau. Certes, en gagnant de l’argent, elle a acquis une forme d’indépendance, dont on sait au fond qu’elle est sœur de la solitude.

Le grand paradoxe, c’est que ce sont les maris qui sont finalement les grands vainqueurs du féminisme, et ce bien souvent au détriment de leur propre charisme : leurs épouses travaillent autant qu’eux et doivent gérer la vie du foyer. J’observe pourtant un revirement chez des jeunes femmes instruites et diplômées, qui ne courent plus après ce marché de dupes et cherchent avant tout une vie familiale épanouie.
La jeune génération a tout à coup réalisé qu’elle n’a plus envie de tout consacrer à sa carrière.

Mes carnets sont remplis de numéros de téléphones de femmes jeunes, brillantes, intelligentes, belles et désespérément seules. Après un premier mariage raté, elles attendent souvent en vain qu’on les courtise. De plus en plus d’hommes refusent de s’engager avec des femmes mariées d’abord avec leur métier. Beaucoup de mes amis avouent préférer épouser une femme qui n’aurait pas une brillante carrière, mais serait parfaitement capable de s’occuper de lui et des enfants.

Au risque de choquer, je crois que les femmes qui ne saisissent pas l’importance de cette charge et les lourdes responsabilités qu’elle implique feraient mieux de rester célibataires. Bien sûr, les féministes pousseront de hauts cris et vous me rétorquerez qu’il faut bien vivre !

Le vrai problème en France est celui de la reconnaissance de la condition sociale de la femme au foyer.

Lorsqu’elle fait ce choix, on la soupçonne de paresse et de manque d’ambition. Quelle erreur !

Et quelle noble tâche que d’éduquer sa progéniture !

Plutôt que de les culpabiliser, la France devrait plutôt donner les moyens à ces femmes de se consacrer à cette tâche sans que les revenus du ménage n’en pâtissent.

Je suis on ne peut plus favorable au salaire parental, le métier de mère au foyer mérite infiniment plus que les maigres allocations familiales que l’État leur octroie. Qui sait si, par ce biais, on ne ferait pas des économies conséquentes – moins de crèches, moins de chômage féminin, moins d’impôts pour les couples, etc. ? Sans doute aussi éviterait-on ainsi bien des divorces…

Connaître les règles de la bonne éducation permet de se diriger en toute confiance vers l’échelle du succès.

Savoir, c’est pouvoir.  »

Nadine de Rothschild ♥

(je n’ai pas changé une virgule du texte, qui date de 2007)

 
Nadine panthère
Publicités