Hier, je tartai aux pommes. Je vous conte mon aventure par le menu (HAHA!).

Je coupe, j’épépine de cheval, d’ours ou d’éléphant, je pèle, je tranche. Je appliquée! Très. Il est indiqué dans les Évangiles selon Sainte Nadine ♥ que la pâtisserie est affaire de précision et de délicatesse.

Je me tâte: quelle sorte de pâte vais-je utiliser?

Je ne fais pas l’intéressante: quand on a des connaissances un peu poussées, on se met à douter de tout car on peu alors prendre en compte des paramètres inconnus des vulgaires quidams – encore appelés « pauvres ».

Pâte sablée, donc.

J’écrase des bananes – vengeance, pauvres phallocrates! – pour garnir le fond de tarte et les nappe de caramel au beurre salé.

On est bretonne et gourmande, on ne se refait pas.

Je dispose mes morceaux de pomme. J’enfourne.

Ça commence à cuire.

 

15 mn: ça commence à faire des bulles intéressantes.

30 mn: ça commence à dorer.

45 mn: le tour de la croûte est bien cuit.

1 heure: pourquoi seul le tour est cuit?

1 h 15: je vais baisser, sinon tout va cramer sauf la pâte qui reste désespérément molle.

1h 30: je vais aussi changer le mode de cuisson, je vais mettre à cuire seulement par en-dessous.

1 h 45: ils remarqueront à peine la couleur soutenue des bords de la tarte…

2 heures: inouï ce que ça peut mettre longtemps à cuire… Une tarte aux pommes mijotées.

2 h 15: est-il raisonnable de faire cuire une tarte aussi longtemps?

2 h 30: non! Je la sors.

Dommage qu’il n’y ait pas d’huissier, j’aurais pu battre le record de temps de cuisson de la tarte aux pommes.

Finalement, la pâte a raisonnablement durci en refroidissant.

 

Moralité: seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussissent brillamment.

J’ai triomphé du végétal. On s’est gavés. La vie est belle!

 
Tartes aux pommes et fin du monde
Publicités