Profitant de la douceur de vivre (Hollywood Chewing Gum), j’ai chaussé ma cahuzac de 7 lieues (cette bagnole est une fraude fiscale en puissance) et suis allée promener Armoiry au bord de la mer. C’est important de sortir son Armoiry, il en a besoin, surtout par forte chaleur.

Nous avons donc pris la direction d’une station balnéaire corsaire de notre connaissance, absolument charmante et d’une intimité propice aux week-ends en amoureux tant elle est peu fréquentée. On n’a jamais attendu plus de 45 mn pour se garer! A croire que la vermine paupérisée se multiplie au contact des rayons du soleil.
L’intimité étant essentiellement un état d’esprit, nous nous sommes accommodés de cette foule vulgaire, bruyante et odorante (crème solaire. A gerber.).

En rentrant de la plage, après avoir salué nos voisins de bronzette ( » Au revoir, M’sieurs Dames! « ), après avoir constaté que les jeunes filles en fleur offraient leurs poitrines aux regards lubriques des passants ( » -Tu fais quoi? – Ho ben je regarde les filles, mais sont pas encore bronzées, ce sont les premiers bains de soleil, là! « ) et après avoir flané sur les remparts, nous sommes passés à la caisse automatique du parking cocassement abritée dans une cabane, judicieux clin d’oeil au Canada, rapport à Jacques Cartier.
La-dite cabane était parfumée pour l’été: chez les corsaires, au début de chaque saison, les employés municipaux font pipi dans les recoins les plus insolites afin de laisser un souvenir olfactif impérissable de Notre Beau Pays aux quidams allophones (Allo? Allo! Nan, mais allo, quoi!!).

Le drame se dessinait déjà et j’en ignorait encore tout. Une fois notre dette acquittée, je me retourne et assiste médusée au spectacle qui s’offre à moi:
 » Coule, il est en train de pisser sur la cahuzac! « , m’écriais-je, boursoufflée d’indignation.
Un individu de sexe masculin, type caucasien, environ un mètre, cheveux mi-longs et tenue criarde était en train d’uriner sur la voie publique, en l’occurrence au niveau de la porte conducteur de ma caisse!
Son papa (♥) se retourne alors, carrément interpelé au niveau du vécu et déclare tout de go:
 » Ha, je ne savais pas que c’était la vôtre! Il avait très envie… « 
Je m’introduit en râlant dans la cahuzac souillée par les basses émissions d’un futur porteur d’un survêtement du dimanche:
 » C’est interdit par la loi, c’est assimilé à un dépôt de détritus! Pas étonnant que la France soit sale! Ni que la Terre soit polluée! « 
Et c’est là que j’ai craqué (jusque là, non, quoi qu’on puisse penser):
 » PÉQUENOT!! « 
Le-dit péquenot, giflé par l’insulte dans son Ralph Lauren du bled (y’a que la vérité qui blesse, en même temps), revient vers moi:
 » – Pardon?
– Monsieur, dis-je en ressortant de la voiture, confite dans mon bon droit et probablement rouge de révolte, vous êtes en train d’apprendre à votre petit (le pauvre est-il vraiment un Être Humain?) à se comporter comme un porc!
– Mais il avait très envie!
– Il y a des toilettes publiques à 20 m! « 

Il a eu peur, je devais vraiment avoir l’air mauvais, il a laissé tomber.

Armoiry n’a même pas eu à bander ses muscles hypotrophiés pour me protéger, tout comme il a été empêché de jouer avec sa carte d’agent spécial de la CIA des jouets pour chien.
Le pauvre devrait savoir qu’une belle-sœur qui a habité à Berlin au moment de l’incident de Tchernobyl n’est pas une belle-sœur ordinaire.

Hé hé!

 
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