La correspondance est une des facettes de cette science délicate et complexe qu’est le savoir-vivre. Autant dire que c’est source de plantage régulier pour les belles-sœurs parvenues ou s’étant hissées à la force du vagin poignet – hin, hin! – à un niveau étonnant.

Les cartes de visite ont vu leur usage réduit mais elles restent indispensables dans certains cas. Souvent une carte, envoyée ou déposée, est un témoignage de sympathie moins personnel qu’une lettre mais suffisant. La carte doit être aussi simple que possible – d’où challenge belle-sœurien – et blanche. Carrée ou rectangulaire. Le nom assez haut ou au milieu. Enveloppes doublées assorties à la forme de la carte.

Évitez donc les impairs, même en Bretagne, en suivant ces quelques règles et en refusant d’applaudir en plein milieu du concert du Nouvel An à Vienne (n’est-ce pas, J’adore mes enfants mais ?):

  • la carte peut être gravée – seule marque d’élégance tolérée – ou imprimée. L’imprimé est réservé aux cartes professionnelles, il paraît négligé – et donc pauvre – pour les cartes mondaines.
  • un homme se contente de son prénom ou de la seule initiale suivi de son nom, jamais précédés de « Monsieur ». Un titre de noblesse, un grade, le titre de docteur précèdent le nom. pour les officiers supérieurs titrés, le titre de noblesse précède immédiatement le nom. Le titre nobiliaire ne se porte sur une carte de visite que pour les hommes mariés ou en âge de l’être (pas avant 21 ans).
  • Une femme mariée choisit le même bristol et la même police de caractères que ceux de la carte de son mari. Les dimensions de la carte doivent être plus petites que celles de son mari. Les cartes des femmes ne portent pas d’adresse et le mot « veuve » n’y figure jamais. On y met les titres de noblesse.
  • Les fillettes n’ont généralement pas de cartes. Si elles veulent communiquer avec leurs amies sur ce mode, elles prendront une carte blanche sur laquelle elles écriront leur nom.
  • Les jeunes filles peuvent avoir des cartes sur lesquelles figureront leur prénom suivi de leur nom.
  • Les femmes célibataires – beurk! Peut-on seulement envisager que ce soit une vie?! – font mettre sur leur carte soit « Mademoiselle » et le nom de famille, soit aussi le prénom. Certaines, surtout celles qui ont une vie indépendante, qui exercent une profession libérale ou artistique, suppriment le « Mademoiselle ». Mais c’est quand même choquant. Je trouve.

Permettez-moi de vous assurer, chère Henriette, de ma déférente amitié.

mamadou

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