Lorsque l’enfant paraît vendredi, Juin 6 2014 

Victor Hugo ne pompait rien en belle-sœur mais il est fortiche quand il parle des enfants.
Voici un poème de lui intitulé « Lorsque l’enfant paraît ».

 

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
Innocent et joyeux.

 

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d’un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l’appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

 

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l’âme
Qui s’élève en priant ;
L’enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poëtes saints ! la grave causerie
S’arrête en souriant.

 

La nuit, quand l’homme dort, quand l’esprit rêve, à l’heure
Où l’on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L’onde entre les roseaux,
Si l’aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d’oiseaux !

 

Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S’emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

 

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies
N’ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n’ont touché notre fange ;
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l’auréole d’or !

 

Vous êtes parmi nous la colombe de l’arche.
Vos pieds tendres et purs n’ont point l’âge où l’on marche ;
Vos ailes sont d’azur.
Sans le comprendre encor, vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n’est immonde,
Âme où rien n’est impur !

 

Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !

 

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j’aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l’été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

 

Les feuilles de l’Automne, XIX

 
P1080882 (2)
 
 
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Léon l’étron mercredi, Jan 29 2014 

Toujours sympa une après-midi à la médiathèque, c’est chouette de cultiver sa descendance, de lui inculquer les rudiments de ce qui fera plus tard sa totale supériorité en société.

Les livres sont la source du pouvoir puisque, comme disait l’autre, savoir, c’est pouvoir. Enfin… pas toujours: aujourd’hui, les Héritiers sont tombés là-dessus, je suis effondrée:

 

Léon

 

Si. Ça existe en vrai! L’auteur s’est-il fait plaisir? S’agissait-il d’un pari?

Je feuillette quand même, à l’affût d’une bonne surprise et consciente que mon devoir est de me sacrifier pour mes enfants.

Léon souffre car il ne trouve pas de potes appréciant la crotte, ce qui le conduit au suicide.

Ils proposent de vraies solutions dans ce bouquin et je suppose que le gouvernement ne tardera pas à imaginer une loi pour donner la liberté aux étrons de se suicider s’ils le veulent. On est bien contents de se faire rincer d’impôts pour la bibliothèque municipale quand on voit ça, n’est-ce pas?

Pour une fois que la littérature de daube est lucide et assume sa merdocrité, je suis séduite!

J’avoue, j’attends fiévreusement le tome 2. Est-ce que ce sera Wenceslas la chiasse? Léo la gastro? Félicité la diarrhée? Samantha le caca? Suspens torride…