Course à pied #4. Le look. samedi, Avr 19 2014 

1 –  Tu aimes les tenues trendy? Le footing n’est pas pour toi. 

2 – Tu aimes la fashion-week? Le footing n’est pas pour toi.

3 – Tu aimes la sobriété? Le footing n’est pas pour toi.

4 – Tu aimes l’élégance? Le footing n’est pas pour toi.

5 – Tu aimes les vêtements seyants? Le footing n’est pas pour toi.

6 – Tu aimes être mise en valeur? Le footing n’est pas pour toi.

7 – Tu aimes les couleurs naturelles? Le footing n’est pas pour toi.

8 – Tu aimes les belles matières, les étoffes qui tombent bien? Le footing n’est pas pour toi.

9 – Tu aimes les chaussures propres? Le footing n’est pas pour toi.

10 – Tu te sens trop grosse?  Enfile la tenue trendy que tu as repérée à la fashion-week, toute en sobriété et en élégance, avec ses vêtements seyants qui te mettent en valeur grâce à ces belles matières dont les étoffes tombent bien et qui sont si bien assorties à tes chaussures sales et VA COURIR!

 

Nadine ♥ insiste sur le fait qu’il faut rester désirable en société. inutile de révéler aux gens que vous vous mettez dans un état épouvantable pour y parvenir.

Lorsqu’on vous demande votre secret de beauté, prenez un air modeste et répondez:

 » Tu sais, je n’ai aucun mérite, j’ai une nature à rester mince. Mais si tu le souhaites, je peux te livrer quelques unes de mes recettes! »

et refourguez tout ce que vous avez de plus calorique en magasin.

 
SDD blog

Course à pied #3. Les pompiers. jeudi, Avr 17 2014 

Je suis retournée courir, histoire d’expier la pizza d’hier soir que Nadine de Rothschild ♥ pourrait assimiler à une faute.

Deux fois de suite, c’est plus une coïncidence: les pompiers étaient là, tapis dans les bois, prêts à dévorer la première minette qui aurait la témérité un peu folle de se pointer.

 

Obligée de prendre mon air aimable d’entrée de jeu. Même pas difficile: ils ne sont TOUJOURS PAS à poil! Les calendriers communistes de la Poste nous mentent.

Moi si, par contre… J’y trouve plusieurs avantages, mais entendons-nous bien: je ne cours pas nue. Je cours parée du ravissant duvet que Dame Nature a bien voulu m’offrir.

 

Les avantages sont multiples, donc. Tout d’abord, en laissant pousser les poils de mes pattes, je reste au chaud. Parce que là, ça caille et ça devient non négligeable.

Ensuite, c’est un merveilleux moyen de découvrir la faune entomologique endémique de nos contrées: moucherons, tiques et autres araignées. Inouï ce qu’on ne voit jamais en courant sans poil ou en pantalon! On ne devrait pas permettre ça.

Pour continuer, les poils guident la sueur vers le bas. Je cours habituellement si vite qu’elle a tendance à me remonter dans les yeux. Ça m’arrange donc encore une fois de ne pas avoir les mirettes brûlées par le sel que j’exsude par tous les pores de la peau.

D’autre part, le poil augmente ma résistance à l’air: je travaille en résistance et en douceur sans même m’en apercevoir, c’est précieux. Quand je m’épilerai, je vais être supersonique et ma masse musculaire sera sur-développée par rapport à ma morphologie réelle. Et comme je pèserai moins lourd, mes performances en étonneront plus d’un!

Pour terminer, le poil éloigne les mauvais esprits et les pompiers. Oui, mais non. Ça, c’est faux. Ça ne fonctionne pas. Je cours trop vite! Le pompier n’a pas le temps de voir le poil et me sourit niaisement en me lançant un

 » Bonjour, Mademoiselle! « 

qu’il essaie de rendre le moins essoufflé possible. Raté.

Je suis poilue, mais il ne voit rien et il est essoufflé et je l’ai remarqué.

Quand va-t-il comprendre que c’est impossible entre nous?

Et je ne dis pas ça parce qu’ils se déplacent en groupes de quinze!

Armoiry, you are the only one.

 
Costume marathon

Course à pied #1 dimanche, Mar 23 2014 

Hop, hop, hop, petites foulées!
On souffle bien.
Si tu bondis et que tu fais le grand écart, tu ne tiendras pas longtemps. Le marathonien a la foulée courte et rasante.
Dans l’Évangile selon Sainte Nadine ♥, il est recommandé de garder un corps de rêve même après six enfants afin de garder son mari pour toute la vit toute la bite l’attention de son mari.
Je vais donc suer à travers bois. Je m’échauffe tranquillement en marchant d’un pas vif, allègre, léger et néanmoins décidé le long des allées cavalières.

Ensuite, je cours. En même temps, absolument toute seule dans les bois avec les chasseurs de champignons, on est plutôt tentée de ne pas faire de vieux os dans le secteur. Toute motivation est bonne à prendre pour devenir rouge, dégoulinante avec les cheveux gras et plaqués sur le crâne. Dans une tenue ridicule, de surcroit.
Tous ceux qui ne chassent pas les champignons sont militaires, autant dire que je mets le turbo et termine ma boucle en vingt minutes.
Obligée de faire plusieurs tours. Re toute seule. Re peur. Re turbo. Rebelote…

Je transpire un peu, souffle pas mal et suis très rouge. Je me coupe les pattes le long d’une côte qui me fait jurer la bave aux lèvres que, non, jamais, je ne m’arrêterai pas de courir, plutôt crever!
C’est en arrivant à son sommet que je livre pleinement la fabuleuse palette chromatique dont disposent mes joues et mon visage en général.
M’en fiche, je m’accroche et je continue, à la limite physique de la reptation. Mais m’auront pas, tous les Viets planqués dans les fougères n’attendent que ça pour me sauter sur le paletot. HAHAHAHAHAHA! Savent pas qui je suis!

Tiens, je suis suivie… Gardons la foulée décontractée, l’air dégagé et du souffle… Ha, trop tard, il est déjà passé.
Ouch. C’est un vioque, sans doute pauvre par dessus le marché! Doit bien avoir au moins… Oui. Au moins.
 » Alors, prête pour la course des Écluses? « 
Ymmpaaaaaaaaaaaarle! Le salopard (je suis poissarde quand je souffre et je souffre quand je cours).
Je me retourne, mais il n’y a personne d’autre que moi. Ymmparle!
 » – Heu… Nan!
   – Il faut venir, il y en a plein qui ne vont pas vite! « 
Je l’abhorre.
Je n’aime pas les vieux.
Je n’aime pas les sportifs.
Je hais les vieux sportifs, en toute logique.

Il repart sur le mode comète mais rencontre un pauvre, vieux comme lui. Ils s’arrêtent pour papoter, en plein milieu de l’allée, comme s’ils étaient au supermarché à onze heures et demie un mercredi matin.
Le vieux est routinier et a des habitudes chevillées au corps. Je les ai laissés sur place et ils n’ont pas pu me rattraper.

La prochaine fois, j’écrase de ma supériorité les mycophages. Je refuse de les laisser bouloter mes cèpes pendant que je m’adonne à l’exercice physique, enivrante gymnastique (et tac).

 
footing