Ode à la pizza vendredi, Mar 28 2014 

Pizza, pizza, que j’aime ta mozzarella!
Pizza, pizza, tant douce, plus que la pasta!
Votre bouche détecte-t-elle cette subtile et papillaire toccata?
La salive déborde déjà.
Je vais me jeter sur toi telle un piranha,
Ou alors me mettre au yoga…
Il paraît que c’est bon, le soja.
Mais je crois que celle que j’aime, c’est Toi.
PIZZAAAAAAAA!

 

Pizza, pizza, ha! Tu es là!
Pizza, pizza, j’ai rêvé de toi.
Petite ou grande, telle un boa
Tu t’enroules autour de mon estomac.
De la cuisine, tu es l’alpha et l’oméga.
Tu es digne de toutes les garnitures, coppa ou gorgonzola,
De tous les lieux, véranda ou cafétéria,
De toutes les boissons, sangria ou Coca-Cola…
PIZZAAAAAAAA!

 

Pizza, pizza, combien de fois?
Pizza, pizza, dis-le, je ne sais pas…
Je me gave, finis les prêchis-prêchas
A ta vue, je renonce aux rutabagas
Tant pis pour mon régime, je porterai des pyjamas
De toute façon, je n’aime pas les bas. Na!
Je vais te manger vautrée sur le sofa
Bourrée de grappa.
PIZZAAAAAAAA!

 

Pizza, pizza, au feu de bois…
Pizza, pizza, pitié! Montre-toi!!
Peut-être devrais-je me retirer dans la taïga
Là-bas, au fond des bois.
Tu aurais un petit goût fumé d’épicéa
Je serais ronde de vodka
Prête, qui sait, à danser une mazurka ou une polka
Sur les mains et dans une datcha.
PIZZAAAAAAAA !

 

Pizza, pizza, encore une fois!
Pizza, pizza, on remet ça?
Je crois que j’ai le ténia
Je rentre encore dans mon bermuda!
Est-ce que ça va durer, tout cela?
Vais faire une cure de tapioca!
Tapioca et paella? Mais non, je ne peux pas:
Je suis à la pizzeria!
PIZZAAAAAAAA!

 

Pizza, pizza, c’est quoi ce gymkhana?
Pizza, pizza, tu es à la féta?
Et pourquoi pas des chipolatas?
Tout fout le camp, dirait Papa…
Bientôt flambée au calva
Et parfumée au gardénia!
Je suis contre le plagiat
Et ça devient une vraie saga.
PIZZAAAAAAAA!

 

Pizza, pizza, restons-en là.
Pizza, pizza, c’est mieux pour toi.
Je vois déjà le schéma:
Tu vas faire ton cinéma. Comme à chaque fois!
Tu te vengeras (élevée par la Mafia)
En faisant péter les coutures de ma parka
Mais surtout ne change pas d’un iota
Quand tu t’insinues dans mon plasma, adieu les traumas!
Je sombre dans le coma
Pizza…

 
super pizza
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Maman très chère jeudi, Mar 27 2014 

J’ai décidé de culturer les Héritiers à chaque occasion qui nous est donnée. La culture générale est ce qui nous fait appartenir à un groupe, ce que l’on sait nous fait ressembler aux autres, ce qu’on ignore nous en différencie.

Et donc nous en éloigne. Je souhaite cibler les relations socio-professionnelles de mes enfants. Tu vois pas qu’ils s’entichent de pauvres, j’aurais l’air fin!

 

Je multiplie les supports d’information, les sources de savoir sujets de discussion, les prétextes enfin, histoire de blinder le QCM qu’ils auront à remplir à leur concours d’entrée à Polytechnique (où votre arrière-grand-père fut instructeur, mes chéris!).

Tu vas faire caca? Tiens, emporte la biographie d’Alexandre le Grand en BD, ça te permettra d’optimiser ce tête-à-tête avec tes sphincters, Amour!

Débarrasse le lave-vaisselle, s’il-te-plaît! Combien une fourchette a-t-elle de dents? Combien de dents dans le panier de couverts? Combien de dents dans le tiroir à couverts?

Combien pèse la poubelle? Monte sur la balance avec puis sans, calcule la différence. C’est pourtant enfantin…

Non, Léonard de 26 n’est pas l’inventeur de la Drôme, c’est lui qui a peint la croûte qui moisit au garage. Pas un mec si génial qu’on veut bien le dire.

Combien le chien a-t-il de doigts aux pattes?

Non, Guy Môquet n’est pas un surnom ridicule qu’on a donné au monsieur parce qu’il était communiste (l’acquisition de la culture est parfois embarrassante).

Oui, tu as raison, la découverte de l’aspect particulaire de la lumière est relativement récente (hum, oui, bon, il était tard et j’étais trop fatiguée pour donner davantage de détails).

Vous constatez donc – avec ce que je suppose être un ébahissement ébloui – qu’il est totalement interdit à mon cerveau d’être médiocre et que je m’emploie à façonner la terre glaise que sont mes enfants à la façon d’un Mickaël Ange (c’est un artiste américain underground qui vit en Italie et à qui je prédis un avenir hors du commun).

Ce matin, j’ai exposé aux Héritiers que pour chaque premier match de chaque édition de la coupe du monde de rugby, l’arbitre utilise toujours le même sifflet.
Ce sifflet a une histoire, il fut utilisé pour le premier test match entre la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre en 1905.

Il a logiquement été conclu que:

 » En gros, vous n’étiez pas née, Maman! « 

Comme le poisson. En gros. oui, c’est ça.

 
Vieille
 

Course à pied #1 dimanche, Mar 23 2014 

Hop, hop, hop, petites foulées!
On souffle bien.
Si tu bondis et que tu fais le grand écart, tu ne tiendras pas longtemps. Le marathonien a la foulée courte et rasante.
Dans l’Évangile selon Sainte Nadine ♥, il est recommandé de garder un corps de rêve même après six enfants afin de garder son mari pour toute la vit toute la bite l’attention de son mari.
Je vais donc suer à travers bois. Je m’échauffe tranquillement en marchant d’un pas vif, allègre, léger et néanmoins décidé le long des allées cavalières.

Ensuite, je cours. En même temps, absolument toute seule dans les bois avec les chasseurs de champignons, on est plutôt tentée de ne pas faire de vieux os dans le secteur. Toute motivation est bonne à prendre pour devenir rouge, dégoulinante avec les cheveux gras et plaqués sur le crâne. Dans une tenue ridicule, de surcroit.
Tous ceux qui ne chassent pas les champignons sont militaires, autant dire que je mets le turbo et termine ma boucle en vingt minutes.
Obligée de faire plusieurs tours. Re toute seule. Re peur. Re turbo. Rebelote…

Je transpire un peu, souffle pas mal et suis très rouge. Je me coupe les pattes le long d’une côte qui me fait jurer la bave aux lèvres que, non, jamais, je ne m’arrêterai pas de courir, plutôt crever!
C’est en arrivant à son sommet que je livre pleinement la fabuleuse palette chromatique dont disposent mes joues et mon visage en général.
M’en fiche, je m’accroche et je continue, à la limite physique de la reptation. Mais m’auront pas, tous les Viets planqués dans les fougères n’attendent que ça pour me sauter sur le paletot. HAHAHAHAHAHA! Savent pas qui je suis!

Tiens, je suis suivie… Gardons la foulée décontractée, l’air dégagé et du souffle… Ha, trop tard, il est déjà passé.
Ouch. C’est un vioque, sans doute pauvre par dessus le marché! Doit bien avoir au moins… Oui. Au moins.
 » Alors, prête pour la course des Écluses? « 
Ymmpaaaaaaaaaaaarle! Le salopard (je suis poissarde quand je souffre et je souffre quand je cours).
Je me retourne, mais il n’y a personne d’autre que moi. Ymmparle!
 » – Heu… Nan!
   – Il faut venir, il y en a plein qui ne vont pas vite! « 
Je l’abhorre.
Je n’aime pas les vieux.
Je n’aime pas les sportifs.
Je hais les vieux sportifs, en toute logique.

Il repart sur le mode comète mais rencontre un pauvre, vieux comme lui. Ils s’arrêtent pour papoter, en plein milieu de l’allée, comme s’ils étaient au supermarché à onze heures et demie un mercredi matin.
Le vieux est routinier et a des habitudes chevillées au corps. Je les ai laissés sur place et ils n’ont pas pu me rattraper.

La prochaine fois, j’écrase de ma supériorité les mycophages. Je refuse de les laisser bouloter mes cèpes pendant que je m’adonne à l’exercice physique, enivrante gymnastique (et tac).

 
footing

Vacances des Héritiers: bilan post-traumatique lundi, Mar 17 2014 

  • voler le chocolat suisse (non seulement je suis sur les rotules, mais en plus je suis décharnée – enfin!).
  • regarder la télévision au lieu de s’habiller sous prétexte qu’on cherche son pull (je sais, je deviens un peu corticale droite, là, mais je suis la garante de la transmission des valeurs familiales).
  • un feutre noir, un mur blanc: une rencontre. Je suis extrêmement fière que mon fils soit un artiste, un peu comme moi.
  • démonter la cabine de douche des grands-parents – de toute façon, ces gens-là ne se lavent jamais, c’est bien connu. Les vieux, c’est comme les pauvres, ça schlingue.
  • une chaise. Neuve.
  • une lampe. Superflue, semble-t-il.
  • boucher un lavabo. Avec du savon. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a! Je suis extrêmement fière que mon fils soit un artiste, un peu comme moi.
  • déballer les boîtes de couleurs de Mamiflette. Je suis extrêmement fière que mon fils soit un artiste, un peu comme moi.
  • faire tomber la tringle à rideaux du salon pour que Maman puisse jouer avec sa perceuse nucléaire. Raté. Comme je suis une artiste, j’ai usé de techniques apprises à l’école du cirque pour tout remettre en état avec grâce, élégance et distinction.
  • jouer à faire de la soupe dans le bbq avec le contenu du jerrican d’essence pour la tondeuse. La tondeuse, c’est un truc de pauvres, aucun intérêt.
  • éclater des antiquités amérindiennes qui ont fait de la musique pendant des siècles juste avant. Je suis fière des goûts affirmés de mon fils, qui est un artiste, un peu comme moi.
  • encore une lampe, mais pas la même. Superflue aussi, en plus.
  • une boîte d’un kilo de bonbons Haribo – ils sont humains, donc, bonne nouvelle. Et je connais plein de dentistes!

Finalement, les vacances ont été calmes, les techniques de dressage éthologique de Nadine de Rothschild ♥ sont donc efficaces.

Et vous, comment allez-vous?

 
Photo

Humiliation dominicale dimanche, Mar 16 2014 

Marie-Bambelle et moi traversons une période trouble: nos relations sont comparables à une discussion entre deux sourds. Je lui demande quelque chose, elle ne répond pas, elle pose des questions mais n’écoute pas les réponses, bref, nous sommes en mode arrachage de cheveux.
Mettant de côté mes irritations, j’ai décidé, en accord avec Armoiry, de passer un moment entre femmes du monde, rien que nous deux.
Nous voilà parties à la câmpâgne afin d’assister à un concours hippique qui se déroulait juste à côté du château de la maison.

 

 » Maman, c’est trop bien: tous les chevaux ont des coiffures! « 
Concours de hunter: les chevaux sont tressés, pomponnés, leur aspect compte aussi pour la note finale.

Je demande la permission d’emprunter un poney pour balader ma progéniture.
Oui, d’accord, on prend Flag, le fier drapeau de la nation Shetland. On joue un peu au cheval de Barbie en vrai, on se dit que ce cheval est sale comme un pauvre et on prend enfin le large, Marie-Bambelle sur Flag et moi les tenant en laisse (violette, rien n’est laissé au hasard, Nadine de Rothschild ♥ serait fière de nous).

 

Le froid est vif malgré le soleil et j’ai eu la curieuse idée de boire du thé avant de partir, indécrottable habitude ancestralement ancrée en moi. La sanction tombe brutalement: mon Dieu! J’ai une putain d’envie de pisser.

C’est LE moment de vérifier le bien-fondé de la rééducation périnéale.
J’attache Flag à un arbre, le nez dans les ronces histoire qu’il n’ait pas envie de faire autre chose que brouter quelques feuilles.
Je descends avec précaution dans un fossé et pose culotte avec la délectation caractéristique qui accompagne un dénouement heureux qu’on a retardé. Rhaaaaaa, c’est fabuleux de faire pipi quand on a la vessie prête à exploser!

Je souligne ici que c’est une chose qui reste exacte le dimanche.

 

Autre chose à propos du dimanche: les gens font du sport, en général, en forêt, course à pied ou vélo.
J’étais donc tranquille mais néanmoins extatique dans mon fossé, les fesses avenantes et bleues car à l’air, lorsque passe un quidam cycliste. Il hésite à me regarder.

Je renonce à me relever en sa présence. Il jette un œil. Je le regarde dans les yeux (j’ai dit les yeux, que voulez-vous que je regarde sur un pauvre?) et lui lance un guilleret:
 » Bonjour, Cher! « 
Il me répond dans sa barbe et file le plus vite possible le plus loin possible, tout embarrassé. Et ébloui.

Conclusion: si vous voulez faire pipi tranquillement, évitez de choisir le dimanche matin ensoleillé quand vous tenez un poney en laisse (violette). Ce n’est pas pratique.

 
Pipi chien
Source image: http://www.martonapoli.com/blog/467/urinotherapie-avec-mon-chien-husky-

Doit-on s’abaisser à plaindre les maîtresses d’école? mardi, Mar 11 2014 

Pour une fois – et ce sera la seule de l’année – je consens à plaindre les maîtresses d’école.
Je sais, ça ne me ressemble pas. Les pauvres ne sont pas à plaindre, ils sont entretenus par mes impôts.

 

Au mois de septembre dernier, je suis allée à une réunion d’information de début d’année, dans la classe de Bain-Marie.
On s’installe aux places de nos héritiers, les maîtresses face à nous sur leurs chaises normalement hautes, histoire de bien établir le rapport de force.
Suit un bon quart d’heure d’engueulade de type  » jamais eu une classe aussi pourrie et pourtant ça fait 82 ans que j’enseigne « .
Il me semble que c’était déjà le cas de la classe de Marie-Bambelle, mais soit. J’imagine que c’est de notre faute intégralement, heureusement qu’elles sont là pour sauver nos héritiers d’eux-mêmes et de leurs parents permissifs et complètement rangés du côté obscur de la Force, loin de Nadine de Rothschild ♥.
Je m’agace…
Mais tout vient à point à qui sait attendre, le pauvre est tristement prévisible.

Au bout de deux heures de récriminations de tous poils et de quelques éléments d’information sur la vie de la classe (quand même), je risque une anecdote pour détendre l’atmosphère en citant Bain-Marie:
 » A l’école élémentaire, les enfants ont de grosses dents! « 

Hihihi! Même les contre-maîtresses rient franchement.
Pas pour longtemps, malheureusement, car une des agitées du premier rang se lève au milieu d’une de leur phrase et déclare:
 » Il est tard, je suis fatiguée! « 
Et elle s’en va. Comme ça. Sans demander son reste. Sans demander qu’on l’excuse.

Décomposition des kapos. Surtout que la fuyarde s’empresse de téléphoner à sa copine restée en classe, et qui avait pris soin de laisser son téléphone portable allumé à plein volume.

Mais c’est la seule fois: je ne les plaindrai plus, elles ne le méritent pas.

La prochaine fois, je vous narrerai comment j’ai cassé la gueule à la prof d’histoire-géo de Marie-Bambelle. Si vous êtes sages. Et propres.

 
maicresse